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SEMINAIRE DE FORMATIONS:
novembre 15, 2007, 7:49
Filed under: Samedi 10 novembre

COMPTE RENDU DE L ATELIER SUR LE SEXISME A L ECOLE

Intervenants: Mme Roque, inspectrice de l’Education Nationale et membre de l’UNSA éducation (fédération de 24 syndicats intervenants dans le champ de l’éducation), Tristan de la FIDL.

Selon Madame Roque, inspectrice du Ministère de l’Education nationale, il y aurait, au sein de la sphère scolaire, 1 distinction des élèves en fonction de leur sexe.

Dans le secteur de l’ensignement, les femmes sont très largement majoritaires, à savoir:

            Entre 80% et 90% dans le primaire

            60% dans le secondaire

            45% dans l’enseignement supérieur

La formation des futurs enseignants à l’IUFM vient d’être rénové, dans le respect des valeurs de la République, qui sont l’égalité, la laïcité, et le respect des sexes.

Concernant les élèves, bien que les filles réussissent mieux à l’école, elles sont sous représentées dans les études supérieures scientifiques, ou bien choisissent de faire des études courtes.

Les secteurs tertiaires dont le personnel de l’éducation nationale sont, en majorité composés de femmes.

Les filles sont souvent celles qui obtiennent les meilleurs résultats jusqu’au bac.

Cependant, la plupart d’entre elles poursuivent des études supérieures courtes.

Elles sont donc moins nombreuses que les hommes à envisager des filières longues universitaires.

D’ailleurs les familles cautionnent aussi cette disparité et les comportements misogynes.

L’ensemble des disciplines dont principalement l’éducation physique et sportive (EPS), ainsi que les choix d’orientation, sont touchés par ce phénomène en pleine recrudescence.

La majorité des garçons se dirigent vers des sections scientifiques, technologiques à l’inverse des filles qui sont encouragés à mener des études littéraires.

C’est ainsi que l’on retrouve des femmes d’un certain âge à se lancer dans l’écriture d’un livre, lorsqu’elles n’ont plus d’enjeu socioéconomique à atteindre.

L’école ainsi que la famille, par leurs représentations sexistes, jouent un rôle essentiel dans l’achat des jeux, qui vont conditionner l’attitude des garçons et des filles.

Les jeux vidéos vont faciliter la pensée logique pour les petits garçons, d’où leur intérêt pour les matières scientifiques, tandis que les filles s’orientent davantage dans les jeux dans le symbolique, et donc le littéraire.

  

L’école est à l’image de la société. Malgré les règles, les circulaires mises en place, elle exempt ces principes et renvoie un regard sexiste, dénigrant du statut de la jeune fille, par rapport à celui du jeune homme.

Son fonctionnement actuel serait donc l’effet d’une prescription sociale et d’une surmédiatisation des idées machistes (cas de la coupe du monde de rudby).

  

Au-delà du sexisme à proprement parler, les jeunes sont avant tout dans des rapports de violences, verbales et physiques. Faute de réelle éducation à la sexualité, la plupart des jeunes s’initient avec des outils tels que les films pornos qui revoient une image dégradante des la femme, aggrave le sexisme. On constate une perte de sens dans l’acte sexuel qui se banalise.

Certes, des outils sont proposés par le gouvernement, les acteurs associatifs et territoriaux. Un système de médiation intra-muros existe. L’Education Nationale le permet pour les élèves, leurs parents et leurs professeurs, afin de promouvoir l’égalité des genres et une répartition égalitaire des effectifs.

Pour conclure, accepter les différences pour mieux vivre ensemble pour mieux se rapprocher.

Utiliser les complémentarités pour tendre vers l’égalité entre les filles et les garçons et le respect mutuel des sexes.

Travailler sur le collectif permettrait d’aborder les rapports humains et non plus enseigner uniquement dans une optique de parcours individuel de formation de l’élève qui s’inscrit dans une culture de résultats et de compétition entre les individus.

 Proposer à l’EN des interventions en milieu scolaire basées sur le mieux vivre ensemble et demander que l’éducation à la sexualité soit enseignée en concertation avec les parents de la maternelle à la terminale comme le prévoit la circulaire.

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Nouveau combat Féministe: état des lieux.
novembre 10, 2007, 11:51
Filed under: Vendredi 09 novembre

Intervenantes : Wassyla Tamzali, Chala Chafiq, Liliane Kandel, Françoise Picq  et Nanou Rousso.

Cette première plénière sur le nouveau combat féministe s’est caractérisée par l’intervention de femmes remarquables qui ont su « élever le débat » et définir les paradigmes d’un passage du féminisme des années 70 à celui de 2007, qui est celui de Ni Putes Ni Soumises.

La conférence/débat a commencé par une présentation de Nanou Rousseau du travail mené au de sein de son association Mères pour la Paix en faveur des femmes victimes de conflits notamment en Afghanistan et en Bosnie. Elle nous a décrit les grands chantiers menés par l’association qui s’axent autour de projet qui ont pour but la réinsertion économique de femmes, tels que, la réhabilitation de la culture de la framboise à Srebréniza, la reconstruction d’une maison des femmes en Afghanistan, et la création d’une blanchisserie.

 Ensuite, sont venues les interventions suivies de Françoise Picq, Liliane Kandel, Chala Chafiq et Wassyla Tamzali, qui se sont enchaînées progressivement en faisant avancer une même réflexion intellectuelle, autour de la question, « qu’est-ce que le nouveau féminisme ». 

Tout d’abord pour Françoise Picq, le nouveau féminisme s’inscrit dans une histoire du féminisme qui commence en France dans les années 70 comme en témoigne la publication « Féminisme année O ». Pour comprendre le passage entre la seconde génération féministe des années 70 et la troisième génération actuelle et comprendre certain paradoxe, il faut se prendre en compte le contexte actuel.

En effet, on peut s’étonner de voir des féministes, militant pour un objectif commun, l’égalité des femmes et des hommes, adopter des positions si différentes sur la question du relativisme culturel. Dès 1968, Michèle Vianes et Anne Zelinsky sont à l’initiative d’une pétition qui dénonce le voile comme un outil d’oppression, de l’autre coté, Christine Delphy s’élève contre la loi sur l’interdiction du port de signe religieux à l’école de 2004. Même appellation pour même objectif ? Françoise Picq appelle à faire la distinction entre l’essentiel et le conjoncturel. Selon cette dernière, l’essentiel réside dans le combat pour l’égalité civique et sociale de la première génération et du droit à disposer de son corps acquis par la seconde. La République qui assure la défense de ces droit est bonne pour le féminisme car elle les promeut et les protègent.

Deux questions sont posées par le nouveau féminisme,

Celle de la mixité tout d’abord. Les premiers mouvement étaient non mixtes car les femmes devaient résoudre aborder les questions de l’inégalité loin de hommes dans un souci d’efficacité. Le nouveau féminisme se caractérise par la volonté d’intégrer les hommes et de promouvoir la mixité.

Celle du rapport au pouvoir ensuite. Dans les années 70’s le féminisme était contestataire et refusait de travailler avec les institutions. Le nouveau féminisme, comme celui de Ni Putes Ni Soumises accepte d’être reconnu et de travailler avec les institutions pour faire avancer la cause des femmes.

Les féministes du relativisme culturel voient comme critère principal la lutte contre l’impérialisme. Pour Françoise Picq , il faut remettre la lutte pour les  droits égaux en priorité. Le pari du rapport au pouvoir peut être gagnant ou perdant selon les contextes, cependant il vaut la peine d’être envisagé.

Elle passe alors la parole à Liliane Kandel. Celle-ci explique que les féministes des années 70’s sont issus des mouvement contestataires de la gauche comme par exemple aux Etats Unis où le mouvement apparaît en même temps que les revendications des noirs américains. L’oppression des femmes et assimilées à l’oppression des noirs et les féministes cherchent à s’intégrer dans ces revendication. Finalement les noirs ont eu des droits mais on a demandé aux femmes « d’abroger leur croisade égoïstes. »

Les premières réunions ont eu lieu entre femmes car «  le pouvoir est au bout du phallus ». Mais les mouvements de gauche et d’extrême gauche se sont opposés aux revendications au prétexte que la domination ne venait pas des hommes mais du capitalisme et que quand le grand soir surviendrait alors toutes les discriminations seraient réglées. Elles découvraient alors que les hommes de gauche étaient aussi machistes que les hommes de droite.

Aujourd’hui, de nouveaux enjeux sont posés aux féministes , celui du retour du port du voile et de toutes les questions sociales et politiques qu’il suppose.

Elle finit sur ce slogan des années 70’s «  Le monde change, pourquoi pas vous » et suggère que l’on remette les femmes et la démocratie sur le devant de la scène.

Pour Chala Chafiq, le retour du religieux nous oblige à revenir sur les bases du féminisme et sur l’arrivée du féminisme islamique. Soutenu par l’UNESCO qui organise des congrès sur le féminisme musulman, l’ interprétation du Coran par les femmes afin d’y trouver de nouveaux espaces de liberté a été initié par des femmes iraniennes et notamment des femmes parties en exil comme elle, au moment de l’arrivée de Khomeiny au pouvoir. Il est paradoxal de voir  des femmes libres de par leur exil favorisant un discours qui n’assure pas une pleine jouissance de l’égalité et ceci montre la complexité du problème.

L’amalgame réside dans la confusion entre modernité et modernisation. La modernisation capitaliste est assimilée à la modernité démocrate ainsi si la modernisation est égale à la modernité alors le rejet du capitalisme entraîne le rejet des valeurs démocrates et des valeurs de libertés, c’est le combat féministes qui en prend un coup. Cette amalgame s’inscrit dans une évolution du statut des femmes, elles sont plus éduquées et de nombreuses contestations apparaissent, une image plurielle des femmes apparaît qui s’accompagne de revendications.

Et le relativisme culturel s’installe, tout discours anti-occidental devenant un discours progressiste.

 Le concept de féminisme se heurte au concept d’identité.

Dans les années 70’s l’islamisme qui est une idéologisation de l’Islam se présente comme une alternative politique. Le féminisme islamique apparaît dans les années 90’s après la naissance de l’islamisme. L’Islam est un ferment d’identité du peuple, on cherche des références dans l’Islam car cela constitue une authenticité qui s’éloigne des idéologies occidentales.

Elle conclue sur le fait que l’on peut être musulman et féministe mais que le féminismes musulman et le féminisme islamique n’ont pas le même sens et ne représentent pas les mêmes enjeux et mes mêmes signification.

Pour Wassila Tamzali, tout ce qui se dit ici a une importance  là bas , c’est à dire en Algérie, son pays. Elle rejette ceux qui cloisonnent car les débats sont les mêmes et s’influencent.

Le plus pernicieux est de croire que le combat pour les droits des femmes est terminé. C’est pourtant le discours de certains. Aujourd’hui, il existe deux fronts contre lesquels il faut se battre, le front des anti-impérialistes, ceux qui comme le démontre Chala rejettent l’occident en idéologisant l’Islam, et celui des relativistes qui prônent la diversité culturelle au péril de la liberté des femmes. Wassyla Tamzali rappelle qu’elle lutte avec sa culture et contre elle, c’est à dire qu’elle sait être critique par rapport à sa culture tout en la respectant et en l’aimant.

Le féminisme islamique n’est pas une critique de la société patriarcale, il s’inscrit au sein d’un cadre coranique qui fonde ses valeurs sur la complémentarité des femmes et des hommes ? De plus, aujourd’hui, de quel féminisme se revendique Wassila ? Aujourd’hui, Wassyla est coincée car elle refuse d’être une « féministe islamique » et que ces collègues musulmans la taxe d’être « féministe occidentale », entre les deux, sa pensée est plus subtile et complexe, elle refuse que   l’on l’enferme dans une binarité. Cette opposition interdit le débat.

Wassyla revient sur le concept d’identité. « Les identités n’existent pas, seuls les identifiant existent », car en effet, nos identités sont en mouvements et ne sont pas condamnées à être immuables, elle même ne connaît pas son identité mais ces identifiant qui la qualifient et qui ont la possibilité d’évoluer.

« C’est dans ces identifiants que je trouve ma liberté ».

  

Merci à Wassyla Tamzali, Chala Chafiq, Liliane Kandel, Françoise Picq  et Nanou Rousso pour leur interventions remarquables.

                                                                                                         

                                                                                                                      Ni Putes Ni Soumises



Diversité en Politique : réalité ou fiction ?
novembre 10, 2007, 12:49
Filed under: Vendredi 09 novembre

Avec en grand témoin Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Cet après-midi, Dominique SOPO vient témoigner de l’enjeu de la diversité en politique : réalité ou fiction ?

Il peut paraître compliqué pour des associations qui prônent l’égalité et l’universalité de se poser la question de la diversité en politique : un élu de la République représente en effet tous les Français. Un noir ne représente pas mieux les noirs qu’un blanc. Cela ne devrait pas poser de problème qu’une personne de telle ou telle couleur représente la République française. Pourtant, la question se pose véritablement lorsque l’on observe l’incohérence entre la diversité de la population française aujourd’hui, une France colorée, métissée et une Assemblée Nationale que notre invité surnomme la « Maison Blanche ». Pour NPNS, l’enjeu est doublement important. Il faut traiter de la diversité d’origine des populations représentées et de la parité. Et le bilan est maigre. Seulement 100 candidats de couleurs se sont présentés aux dernières législatives et deux sont aujourd’hui assis sur les bancs de l’Assemblée nationale (sur 577 députés!). Les réponses apportées à ces enjeux par les partis politiques pour les élections municipales sont loin d’être à la hauteur.

Selon Dominique Sopo, des blocages à plusieurs niveaux viennent expliquer ce triste constat. Le problème de renouvellement du personnel politique d’abord. « Tant qu’on est pas mort, on reste en place ». Par ailleurs, le racisme pur et simple de certains dans les partis politiques de tous bord vient freiner les initiatives. « L’égalité de traitement sera acquise quand il existera autant de personnel incompétent parmi les femmes et les personnes de couleurs » que dans le reste du personnel politique, ironise le président de SOS Racisme.

Les partis sont dans l’obligation de faire des efforts aux municipales de mars 2008. Ils ont la responsabilité d’aller chercher les gens qui sont à la marge de la vie politique du fait notamment des politiques de ghettoïsation des gouvernements précédents. Il a cependant souligné qu’il ne faut pas tomber dans l’aigreur de la politique et rester passif. Pour être entendu, il faut aussi s’engager et se battre.
Il n’est pas question de parler là de la lutte d’une minorité (visible) contre une majorité, mais d’un partage du pouvoir. Il existe pour notre invité une confrontation nouvelle entre une bourgeoisie blanche et des populations nées en France de parents étrangers. Il y a trente ans, les personnes de couleurs en France étaient ouvriers et étrangers. Ils pouvaient relativiser la discrimination subie avec ce qu’ils avaient vécu dans leurs pays d’origine. Aujourd’hui, les enfants de ces populations, nés en France, ne doivent pas et n’ont pas à se poser ce problème. Ils n’ont pas de point de comparaison et la discrimination qu’ils subissent est tout simplement inconcevable pour eux, pour nous.

Ne serait-ce que pour la cohérence du discours, on ne peut pas être avec des partis politiques qui prônent le vivre-ensemble sans le porter effectivement. D. Sopo critique l’incapacité des partis politiques à mettre en avant ce que la nation française a d’extraordinaire : être basée non sur la langue, la race ou le sang mais des valeurs de fraternité et d’égalité. La sociologue franco-iranienne Chalah Chafiq appuiera sa remarque en déplorant qu’en France, on ne travaille pas assez sur l’avantage de l’absence de statistiques ethniques et de distinction de communauté. Elle a ainsi fait référence à l’absence de mixité à Londres par exemple. Le président de SOS Racisme y reviendra au cours du débat avec la salle en déplorant la présentation devant les députés d’un amendement relatif aux statistiques ethniques. Censé agir contre les discriminations cet amendement est soumis au vote le cadre d’une loi sur l’immigration. C’est là un gros problème. Au-delà de la démarche de mise en statistiques ethniques de la population française, la lutte contre les discriminations est encore une fois associée à l’immigration.
Notre invité a souligné que le gouvernement Fillon était le premier à avoir promu des ministres issues de l’immigration (des femmes qui plus est). Cet événement ne va pas tout arranger pour les Noirs et les Arabes en France, ce n’est pas une finalité. Mais ces symboles peuvent servir de piliers au changement. Ce sont aussi aux militants d’association de la société civile de se servir de ces leviers pour mieux lutter contre les discriminations et pour la représentation de la diversité française dans la politique, mais aussi dans l’entreprise, à la télévision, etc.
D. Sopo a cependant alerté les militants sur les discours des quotas ethniques. Il ne faut pas entrer dans la concurrence entre les « communautés » en France. Ces statistiques ne l’intéressent pas : qu’est-ce qu’être noir ? et les métisses ?

Ce débat suivi activement par les militantes et militants de NPNS s’est conclu sur une affirmation du soutien de D. Sopo et de SOS Racisme au Mouvement et de la nécessité de l’existence de celui-ci aujourd’hui.



Bienvenue sur le blog !
novembre 2, 2007, 7:54
Filed under: 1

Bienvenue sur ce blog, de l’Université 2007 de Ni Putes Ni Soumises. Celle ci aura lieu les 9, 10 et 11 novembre prochain à Dourdan (91). « Femmes en Résistance »: tel est le nom de cet évènement majeur, pour valoriser toutes les femmes d’ici et d’ailleurs qui se battent pour le simple fait d’être femme, pour la liberté d’expression, pour exister.Bonne visite sur ce blog !-L’équipe NPNS-